Cet éditorial qui s’alarme à juste raison de « l’inquiétante précipitation » de notre ministre de l’intérieur :
Trois jours après l’annonce de la composition du gouvernement de Michel Barnier, les Français ignorent toujours si leurs impôts vont être augmentés, si leurs services publics vont être affaiblis, si la politique de transition climatique va être poursuivie, si la lutte contre la « trappe à bas salaires » va être engagée (…) Mais il aura fallu moins de quarante-huit heures au ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, pour exposer urbi et orbi son programme, mettant en exergue son sujet de prédilection, l’immigration.
S’il est raisonnable d’attendre les décisions d’un nouveau gouvernement pour juger sur pièce sans emportement idéologique a priori, il faut bien avouer que l’urgence avec laquelle M. Retailleau annonce la couleur ne laisse aucun doute sur ses intentions.
Et qu’une telle frénésie manifeste sans équivoque la raison pour laquelle il a été choisi à ce poste: alors même que « deux tiers des Français ont écarté l’extrême droite au second tour des législatives« , il faut faire de l’œil le plus clairement possible à cette dernière pour s’assurer explicitement son soutien.
Michel Barnier passait peut-être pour un homme conciliant et ouvert, mais le fait d’avoir nommé un tel personnage à un tel poste caractérise d’emblée, quelles que puissent être les qualités des autres membres de son gouvernement, la tonalité de sa politique :
Jeter en pâture les immigrés en lever de rideau d’une nouvelle et incertaine législature ne peut qu’alimenter la flamme déjà vivace du Rassemblement national, valider son utilisation des étrangers comme boucs émissaires, et préparer le terrain à ses énièmes surenchères.
Dommage, M. Barnier ! Une majorité de français attendait autre chose – sans trop d’illusion cependant – qu’une caution donnée à de telles manifestations pathologiques de xénophobie simpliste, mensongère et dangereuse.
On regrette que vous n’ayez pas pris le temps de lire – ou que vous ayez choisi d’ignorer par opportunisme démagogique – entre autres analyses sérieuses, les propos de François Héran, professeur au Collège de France, tout de même, autrement informés et pertinents sur le sujet de l’immigration que les vociférations primaires de votre ministre.
etc.
Pour nombre de français, un tel empressement à promouvoir l’intolérable suffit à jeter le déshonneur sur ce que pourra être votre action à venir.
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En rappel :
Ajout :
À titre de confirmation de ce qui précède (l’approbation n’a pas tardé…) :
Ajout du 28/09 :
Et une analyse argumentée de plus à rebours du populisme délétère :
Et ce qui pourrait être une partie de la solution :