Un reportage intéressant sur Jill Stein, candidate du Green Party, le Parti Vert, à la présidentielle américaine.
Outre les déficiences écologiques de la présidence démocrate, elle souligne à juste raison ses carences scandaleuses en ce qui concerne la politique au Proche Orient.
Comment, en effet, la plus importante puissance au monde se révèle-t-elle incapable d’intervenir de façon efficace, non pas pour résoudre la question des relations israélo-palestiniennes – car on sait hélas que cela prendra dans le meilleur des cas encore bien des années – mais au moins pour imposer aux belligérants, et à Israël en particulier, le respect du droit de guerre et du droit humanitaire ?
Comment ne pas dénoncer cette trahison des démocrates, qui fournissent à Israël les armes pour mener cette guerre impitoyable dépassant de beaucoup l’objectif légitime de neutraliser le Hamas et le Hezbollah ?
Certes les appels à l’éradication violente d’Israël, parfois ouvertement génocidaires, sont légion, n’en déplaise à certains militants occidentaux quelque peu incohérents qui scandent « Femme, vie, liberté » tout en défendant des organisations qui prônent l’idéologie des Mollahs.
Pour rappel :
Pendant la guerre, Hitler et les nazis furent plus qu’heureux de convier à Berlin le grand mufti de Jérusalem et le dirigeant du mouvement national arabe palestinien, Haj Amin al-Husseini, invité d’honneur et allié, au moment même où ils entreprenaient l’assassinat en masse des Juifs européens (…).
L’un des exemples les plus saisissants de cette orgie de haine est probablement une brochure présentée au Centre d’exposition de Durban [lors de la Conférence contre le Racisme de septembre 2001], montrant un portrait d’Adolf Hitler avec en légende : « Si j’avais gagné la guerre, il n’y aurait plus de… sang palestinien versé » (…).
Sous couvert d’« antisionisme » et de défense de la cause palestinienne, Rami appelait de ses vœux « un nouvel Hitler » qui rallierait l’Occident et l’islam contre le cancer de « la puissance juive » et débarrasserait la Palestine du joug mensonger du « talmudisme » (…)
Rafsandjani est ce dignitaire religieux « modéré » qui, en 2001 encore, proclamait en Iran, le « Jour de Jérusalem », qu’« une seule bombe atomique anéantirait Israël sans laisser de traces », alors que le monde islamique subirait des dommages de représailles nucléaires israéliennes, mais ne serait pas détruit (…).
Etc. etc. voir par exemple Robert S. Wistrich L’antisémitisme musulman : un danger très actuel, Revue d’Histoire de la Shoah 2004/1 n°180.
Mais peut-on lutter contre une entreprise génocidaire en mettant en œuvre une stratégie qui y ressemble fort, même si on peut discuter du terme* ?
Les USA et l’Occident n’ont que peu de prise sur la folie des Mollahs et des organisations qu’ils soutiennent, qui sont avec Israël les acteurs essentiels de la guerre de Gaza et du Liban.
Mais un embargo sur la fourniture d’armes américaines n’aurait-il pu servir d’argument diplomatique à la première puissance militaire mondiale pour exiger sans condition de la part d’Israël, si ce n’est une cessation des hostilités, du moins un cessez le feu ouvrant à des négociations ?
Netanyahou est-il si respectable qu’il faille entériner piteusement ses méthodes les plus meurtrières ?
Comment ne pas s’interroger lorsqu’on entend (vers 1mn 16 dans la vidéo en lien ci-dessus) cette dame – Farah Khan – affirmer qu’elle regrettera toute sa vie d’avoir voté pour Joe Biden, parce qu’elle se sent complice de la guerre qu’il a financée et qu’il continue de financer, et qu’elle fera « tout ce qu’il faut pour s’assurer que Kamala Harris ne devienne pas présidente ».
Une telle déclaration parfaitement compréhensible nous fait saisir l’extrême danger que représente non seulement pour les États Unis mais aussi pour l’avenir du monde leur politique aberrante au Moyen Orient.
Kamala Harris risque fort de perdre du fait de telles aberrations les voix de la communauté arabo-musulmane qui pourraient être déterminantes pour son élection.
Et surtout pour éviter la catastrophe que représenterait au niveau mondial une victoire de Trump.
L’alternative rappelle, en bien plus tragique, celle que nous avons vécue en France il y a peu :
Fallait-il s’abstenir, au risque de voir passer l’extrême droite ?
Ou bien fallait-il, quitte à prendre des pincettes ou à se boucher le nez, choisir le moindre pire, voter pour un candidat tout de même républicain, même s’il ne répondait pas aux critères souhaités ?
Ne vous y trompez pas, Mme Farah Khan : Trump président ne fera pas mieux, et très probablement pire que ce qu’a fait Biden et que ce que fera Harris pour la cause palestinienne. Trump est incontestablement le candidat de Netanyahou. Il a déjà largement démontré avec quelle veulerie il peut se mettre à son service.
Sans parler du cataclysme qu’il représenterait pour la défense de l’environnement, même si Mme Stein a bien sûr raison de souligner les carences des démocrates à ce sujet. Il faut encore évoquer, entre bien d’autres désastres, la situation des migrants, les menaces en ce qui concerne la condition féminine, le lâche abandon de l’Ukraine aux mains du fascisme de Poutine, la régression des libertés démocratiques que fait présager son propre fascisme décomplexé, aux dires, on le sait, de personnalités de son propre bord.
Alors certes, ma petite voix dérisoire de blogueur insignifiant ne peut changer grand-chose à de tels enjeux, et elle ne parviendra sans doute pas jusqu’à vous.
Mais si ce miracle se produisait, sachez, Mme Sarah Kahn, que votre révolte m’a ému, et que je partage votre jugement comme votre souffrance.
Mais qu’il me semble pourtant essentiel que les personnes de bonne volonté comme vous l’êtes acceptent de prendre une décision qui ne fasse pas peser sur le monde encore plus de souffrance et de malheur.
Ajout du 02/11 :
Et cette initiative essentielle :