Comme je le disais dans mon post précédent, Jean-Pierre Filiu (auteur des paroles de la chanson de Zebda ci-dessus) fait partie des quelques personnalités essentielles qui nous permettent de mieux comprendre ce qui se passe dans notre monde contemporain tellement fracassé.
Étant l’un des meilleurs connaisseurs de la situation au Proche-Orient, et en particulier en Palestine, son ouvrage à paraître mercredi 28 mai aux Arènes, « Un historien à Gaza », où il relate son séjour d’un mois dans l’enclave, constituera à n’en pas douter un événement marquant.
Je crois avoir suffisamment dénoncé le caractère intolérable de la guerre génocidaire que fait subir le gouvernement Netanyahou aux palestiniens (cf. post précédent)
https://www.amnesty.fr/actualites/rapport-genocide-palestiniens-gaza-commis-par-etat-israel
etc.
ainsi que l’illégitimité du colonialisme israélien
pour ne pas être suspecté d’indulgence envers la politique d’Israël par des mouvements dont la stratégie politique est tout aussi intolérable et envers lesquels une complaisance affichée soulève bien des soupçons concernant celles et ceux qui l’entretiennent.
C’est pourquoi je me retrouve pleinement dans les analyses de Jean-Pierre Filiu sur le sujet (en particulier dans ce live important accessible gratuitement sur :
Analyses qui devraient être évidentes à quiconque accepte d’ouvrir les yeux, au-delà des manipulations et des approches partisanes.
« L’opposition au Hamas était déjà très forte à Gaza depuis de longues années, du fait du rejet de l’autoritarisme et du clientélisme du mouvement islamiste. Les élections programmées en 2021 auraient conduit à une défaite cinglante du Hamas dans les urnes à Gaza, mais les États-Unis et l’Union européenne ont accepté que l’Autorité palestinienne (AP) de Ramallah reporte ces élections sine die pour maintenir le président Mahmoud Abbas à la tête de l’AP. Il est pour moi incontestable que le Hamas, avec sa campagne terroriste du 7 octobre 2023, entendait aussi conforter sa mainmise sur la population de Gaza, qui paierait le plus lourd tribut aux représailles israéliennes. Les habitants de Gaza qualifient de « drones » les gros bras du Hamas qui font régner leur « ordre » dans l’enclave, leur châtiment préféré étant le tir dans les rotules de leurs opposants. L’enclave assiégée a été récemment le théâtre de manifestations populaires et spontanées contre le Hamas, qui a pu étouffer cette contestation inédite du fait de la poursuite, voire de l’intensification des bombardements israéliens ».
J’espère donc que la lecture de cet ouvrage à paraître permettra de vivifier de façon plus objective et informée les engagements qui s’imposent, et de ranimer nos raisons d’espérer :
C’est fondamentalement le courage et la dignité des femmes et des hommes de Gaza, même plongés dans une telle horreur, qui me donnent, malgré tout, des raisons d’espérer. Qu’ils soient parvenus à conserver leur humanité plus ou moins intacte dans un tel désastre force le respect. Mais reconnaissons que notre monde les a abandonnés durant beaucoup trop longtemps. Et cette tragédie, qui s’est littéralement déroulée sous nos yeux, va désormais nous hanter. Il n’en est que plus urgent d’agir pour un cessez-le-feu immédiat, avec libération des otages et retrait de l’armée israélienne. La clé de l’apaisement durable réside cependant dans la levée du blocus qui, imposé durant seize longues années, n’a pas épargné à Israël la journée la plus sanglante de son histoire, le 7 octobre 2023. Il est impératif que Gaza revienne au monde et que le monde revienne à Gaza. Alors tout sera possible, dans le cadre de la coexistence d’Israël avec un Etat palestinien pacifique et démilitarisé (Jean-Pierre Filiu, live cité).
Ajout du 29/05 :
https://www.amnesty.fr/presse/palestine-les-services-de-scurit-du-hamas-doivent-
Ajout du 31/05 :