Appeler un chat un chat. À propos de décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et d’Amnesty International concernant la violation de la liberté d’expression en Espagne et quelques carences de la justice de ce pays.

Et qui donc nous offre des traductions inédites d’informations en espagnol non reprises par les journaux français (on se demande bien pourquoi…) ?

C’est notre chère Stultitia !

Au vu de de ces informations qui manifestent incontestablement un certain retour à de bonnes vieilles pratiques que des organismes internationaux sont fort heureusement encore capables de dénoncer comme elles le méritent, nous attendons la suite du feuilleton juridico-ubuesque que le gouvernement de sa Majesté estime nécessaire d’infliger aux spectateurs de l’Europe et du monde.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/03/26/catalogne-l-ex-president-carles-puigdemont-arrete-en-allemagne-manifestation-a-barcelone_5276308_3214.html

 

Amnesty international a publié ce mardi (13 mars) à Madrid une dépêche par laquelle elle attaque une loi antiterroriste espagnole qui, faite pour punir le délit d’apologie du terrorisme, se voit utilisée pour « réprimer des expressions de caractère politique » sur les réseaux sociaux.

Ces derniers mois, on a assisté à une série de condamnations contre des musiciens ou des utilisateurs de Twitter pour des messages considérés comme apologie du terrorisme.

Le rappeur Pablo Hasel fait partie des victimes : il a été condamné le 2 mars à deux ans de prison pour divers tweets et une chanson (…).

Amnesty considère dans sa dépêche « Twitte … si tu l’oses » que l’article 578 du code pénal espagnol qui punit le délit d’apologie du terrorisme et les actes qui « incitent au discrédit, au mépris ou à l’humiliation des victimes » est actuellement utilisé en vue de « la répression d’expressions de caractère politique, surtout sur les réseaux sociaux ».

Esteban Beltran, président d’Amnesty International en Espagne, a souligné qu’en 2011, année où ETA a renoncé à la lutte armée, il y eut une seule condamnation pour apologie du terrorisme. Il y en a eu en revanche 31 en 2017.

« Ces personnes sont détenues seulement pour avoir publié des opinions gênantes, critiques, parfois insultantes, parfois agressives. Mais aucune d’entre elle n’est coupable d’incitation directe à quelque type d’action terroriste que ce soit » a déclaré devant la presse le président, qui a demandé l’abrogation de cet article.

(France 24 édition espagnole, 13 mars 2018)

http://www.france24.com/es/20180313-ai-arremete-contra-la-ley-antiterrorista-espanola-por-reprimir-la-libertad-de-expresion

 

Et, sous le titre :

Des organismes internationaux alertent au sujet de menaces contre la liberté d’expression en Espagne.

 

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) estime de son côté que brûler des photos du roi relève de la liberté d’expression.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a condamné ce mois l’Espagne pour avoir infligé une peine de prison contre deux manifestants qui ont brûlé en 2007 des photos du roi Juan Carlos et de son épouse. La Cour considère qu’il s’agit d’une atteinte à la liberté d’expression.

Le tribunal dont le siège se trouve à Strasbourg estime que l’acte en question s’inscrit dans le contexte de la « critique politique, et non de l’attaque contre les personnes, critique de l’institution monarchique en général, et en particulier dans le cadre de la nation espagnole ».

Il estime de plus « qu’il s’agit d’une mise en scène provocatrice, du genre de celles qui se développent en vue d’attirer l’attention des médias et qu’elle ne dépasse pas l’emploi d’une certaine dose de provocation autorisée dans le but de faire passer un message critique du point de vue de la liberté d’expression ».

La justice espagnole avait condamné en 2007 Jaume Roura et Enric Stern, deux jeunes indépendantistes catalans à 15 mois de prison pour injure à la Couronne. La peine fut remplacée par une amende de 2700 euros à chacun.

Les deux accusés avaient brûlé des photos de Juan Carlos d’Espagne et de son épouse, la reine Sofia, pour protester contre leur visite à Gérone (Catalogne du nord-est) le 22 septembre 2007.

Les deux catalans, après avoir payé l’amende, présentèrent un recours devant la CEDH en octobre 2015. Les requérants estimaient que leur condamnation « constituait une violation injustifiée de leur droit à la liberté d’expression ».

Par sa décision, le Cour a reconnu « de façon unanime qu’il y a eu violation de l’article 10 de la Convention européenne des droits humains » concernant la liberté d’expression.

La CEDH a donc condamné l’Espagne à « payer à chacun des requérants 2700 euros pour préjudice matériel et 9000 euros au titre des frais ».

(La Nacion, 13 mars 2018).

http://lanacion.cl/2018/03/13/organismos-internacionales-alertan-sobre-ataques-a-la-libertad-de-expresion-en-espana/

Et à titre de commentaire, ce poème de León Felipe, chanté par Paco Ibañez :

Ajout du 02/04:

En retard, pour cause de déconnexion passagère, cette Tribune avec laquelle je suis bien entendu d’accord:

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/03/28/nous-citoyens-d-europe-demandons-la-liberte-immediate-des-citoyens-catalans-incarceres-pour-leurs-convictions-politiques_5277419_3232.html

 

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