D’une désinhibition de l’islamophobie. De ses origines et de ses conséquences. Réflexion sur une erreur de méthodologie et un sophisme de Caroline Fourest.

Il me semble nécessaire, pour tenter d’éclaircir encore les présupposés de débats de plus en plus nauséabonds par bien des aspects, de revenir une fois de plus à des remarques de terminologie et de méthode.

Et en particulier à la question du retour sur le devant de la scène d’un terme désormais omniprésent et étonnamment désinhibé, celui d’islamophobie.

Je m’appuierai essentiellement dans ce post sur l’excellent travail d’Alain Ruscio,
http://orientxxi.info/magazine/islamophobie-un-mot-un-mal-plus-que-centenaires,1155
jusqu’à le « piller », je le reconnais sans honte, car il est difficile de faire mieux que lui sur le sujet. Je lui adresse mes remerciements.

Il convient cependant de repartir d’un moment déterminant de l’histoire récente du terme islamophobie en France, moment qui confère sa tonalité à l’essentiel du débat actuel.
C’est en effet avec Tirs croisés. La laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman, Calmann-Lévy 2003, que commence une nouvelle donne de l’histoire du terme, dont les querelles actuelles sont les héritières.

Pour les auteures (Caroline Fourest et Fiammetta Venner)

Le mot “islamophobie” a été pensé par les islamistes pour piéger le débat et détourner l’antiracisme au profit de leur lutte contre le blasphème. Il est urgent de ne plus l’employer pour combattre à nouveau le racisme et non la critique laïque de l’islam. (de la recension du livre par les auteures, dans la revue ProChoix n°26-27, Automne-hiver 2003).
http://www.prochoix.org/frameset/26/islamophobie26.html

On comprend la raison, en soi louable, d’une telle intention des auteures :
Comme je l’ai rappelé dans mes posts du 30 janvier et du 23 février, les islamistes de tous bords exhibent en effet à l’envi l’accusation d’islamophobie pour se poser en martyrs de l’Occident chaque fois qu’un penseur se permet de critiquer la situation des droits de l’homme, de la femme, des homosexuels etc. dans des régimes qui prétendent se fonder sur l’islam. Penseur y compris musulman, ce dernier étant alors considéré comme un traitre ou un « vendu », selon la bonne vielle phraséologie totalitaire.

La supercherie est en soi fort classique. J’ai eu il y a quelques années un élève particulièrement insupportable auquel j’ai été un jour contraint, à mon corps défendant mais il ne restait plus que cette solution, d’infliger quelques heures de « colle ». Il s’est aussitôt exclamé : « Monsieur, vous êtes raciste ! ». Car il se trouvait qu’il était noir. J’ai eu beau lui expliquer que ce n’était pas spécialement mon problème, étant donné entre autres le patchwork de mes origines, rien n’y faisait.
Ma critique de son attitude ne pouvait bien évidemment provenir que de mon racisme.

Ainsi en va-t-il aussi, comme je le disais dans les posts précédents, du « chantage » à l’accusation d’antisémitisme que connaissent bien tous ceux qui récusent la politique palestinienne de certains dirigeants israéliens, etc.

Dénoncer les pratiques de tels islamistes est donc indispensable, et c’est à ce niveau que l’initiative de Fourest et Venner est bien évidemment positive.

Le problème, c’est qu’on ne voit pas en quoi (comme je le disais encore) le fait de dénoncer l’instrumentalisation que certains font des termes racisme et antisémitisme devrait aboutir au sophisme qui estimerait que ces mots ayant « été pensés » (…) pour piéger le débat », il serait « urgent de ne plus les employer ».

[Sophisme : Logique. Raisonnement apparemment valide, c’est-à-dire conforme aux règles de la logique, et néanmoins incorrect. (La philosophie de A à Z)].

Pour ma part, comme je l’ai dit, le mot « islamophobie » conserve sa valeur pour signifier …. ce qu’il signifie, comme le précise le rapport du Conseil de l’Europe de 2005 sur L’islamophobie et ses conséquences pour les jeunes (2005) :

« il s’agit de l’ensemble des actes de discrimination ou de violence contre des institutions ou des individus en raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à l’islam. Ces actes sont également légitimés par des idéologies et des discours incitant à l’hostilité et au rejet des musulmans. »
https://book.coe.int/eur/fr/jeunesse-autres-publications/3348-l-islamophobie-et-ses-consequences-pour-les-jeunes.html

Et, s’il est en effet « urgent » que les penseurs et les politiques distinguent radicalement la critique et l’islamophobie, et ne se réclament pas de ce dernier terme (cf. post du 30/01), ce mot doit absolument demeurer pour désigner et dénoncer cette réalité bien tangible à laquelle nous sommes quotidiennement confrontés .

Car en dépit de certains dénis, caractéristiques jusqu’ici d’orientations politiques bien connues, le racisme existe, tout comme l’antisémitisme. Il continue d’être urgent de les nommer en « employant ces termes ».

Et on ne voit pas en vertu de quel privilège le mot « islamophobie », en dépit de son instrumentalisation, devrait faire exception, et son emploi disparaître.

Car contrairement à ce qu’affirment nos auteures ainsi que ceux qui s’en réclament (P. Bruckner, etc.)  le terme n’a bien sûr pas commencé avec cette instrumentalisation par les islamistes. Il exprime une réalité qui existait depuis bien longtemps, qui continue d’exister, et qui ne s’est même jamais mieux portée.

Or, sa négation, ou « l’urgence de ne plus l’employer » font providentiellement l’affaire de ceux qui ont besoin de ce sauf-conduit pour légitimer une levée des inhibitions hélas elle aussi bien classique (cf. par ex. mes posts du 17 nov. Et 18 déc. 2015).

« Quand je déclare que l’islam est la religion la plus con, je m’accroche, et je n’ai pas peur de me faire traiter d’islamophobe. Car vous savez bien que cette accusation est un coup monté des islamistes. Un « délit d’opinion, analogue à ce qui se faisait jadis dans l’Union soviétique contre les ennemis du peuple » (cf. citation de P. Bruckner dans l’article cité d’Alain Ruscio, ainsi que son article récent dont le lien figure dans une « réponse » du post précédent). Ou bien seriez-vous de ces pauvres demeurés qui ne savent pas encore que l’islamophobie est leur création ? D’éminentes sociologues, dont la compétence ne peut pas être mise en cause puisqu’on les voit en permanence sur les médias, l’ont pourtant démontré par a+b ! Ne vous rendez vous pas compte que votre ignorance fait le jeu des intégristes ?».

Et c’est ainsi que fleurissent dans les médias et sur le net des manifestations de plus en plus désinhibées.

Car pourquoi se priver ? Il suffit de renvoyer ceux qui les accuseraient d’islamophobie au statut de « soviétiques qui s’attaquent aux ennemis du peuple » (P. Bruckner), de suppôts de l’intégrisme, voire du djihadisme, tant qu’à faire, et le tour est joué ! CQFD…

Or, tout comme le racisme et l’antisémitisme, l’islamophobie existe bel et bien, n’en déplaise à nos intellectuel(le)s et à ceux qui profitent de leurs sophismes pour se défouler en toute tranquillité de conscience.

Dans un article du Monde, daté du 06 octobre 2006, l’historien de la laïcité Jean Baubérot opère d’ailleurs un rapprochement évident entre ces tendances :
(citation d’Alain Ruscio, art. mentionné plus haut) :

« Suit dans le même article un parallèle entre l’antisémitisme du temps de l’affaire Dreyfus et la montée de l’islamophobie au début du XXIe siècle : « De tels stéréotypes sont permanents : seuls changent les minorités qu’ils transforment en boucs émissaires. La lutte contre l’intolérance ne dispense pas de la lutte contre la bêtise haineuse ».

[ajout 03/03: lien à l’article de J. Baubérot:

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2006/10/05/non-aux-propos-stereotypes-par-jean-bauberot_820274_3232.html

dont la pertinence continue à éclaircir les situations actuelles…]

Car, comme l’antisémitisme, l’islamophobie constitue une tendance de fond d’une certaine pensée « française » qu’il serait dangereux de sous-estimer.

Ses manifestations passées, telles que nous les présente Alain Ruscio, sont étonnamment proches d’un triste florilège qu’on pourrait établir sur la base d’une lecture quotidienne d’internet et des réseaux sociaux :

« contrairement à une vulgate répandue, il [le terme islamophobie] est plus que centenaire. La première utilisation du mot retrouvée date de 1910. Elle figure sous la plume d’un certain Alain Quellien, aujourd’hui oublié. Il proposait une définition d’une surprenante modernité :
« L’islamophobie : il y a toujours eu, et il y a encore, un préjugé contre l’islam répandu chez les peuples de civilisation occidentale et chrétienne. Pour d’aucuns, le musulman est l’ennemi naturel et irréconciliable du chrétien et de l’Européen, l’islamisme [en note : à l’époque synonyme d’islam] est la négation de la civilisation, et la barbarie, la mauvaise foi et la cruauté sont tout ce qu’on peut attendre de mieux des mahométans ».
La politique musulmane dans l’Afrique occidentale française, Paris, Émile Larose.

Ou encore :

« Il revenait à Ernest Renan de synthétiser tout l’esprit d’une époque :
« L’islam est la plus complète négation de l’Europe. L’islam est le dédain de la science, la suppression de la société civile, c’est l’épouvantable simplicité de l’esprit sémitique, rétrécissant le cerveau humain, le fermant à toute idée délicate, à tout sentiment fin, à toute recherche rationnelle, pour le mettre en face d’une éternelle tautologie : “Dieu est Dieu ».
La réforme intellectuelle et morale, Paris, Michel Lévy Frères, 1871. ». Idem.ibid.

Un siècle et demi après, les choses n’ont pas beaucoup changé, semble-t-il, dans l’esprit de certains. À quand une étude sociologique sérieuse sur les insanités diverses répandues dans les médias comme sur internet ?

Comme je l’ai dit dans mon post précédent, je pense pour ma part que le « collectif » se trompe lorsqu’il accuse Kamel Daoud d’épouser « une islamophobie devenue majoritaire».

Même si sa critique légitime d’un certain, ou de certains, islam(s) puisse être bien évidemment récupérée par des nuées d’islamophobes bon teint, à l’affut de la moindre occasion.

Mais qui n’est pas sujet à récupération ? Ces lignes mêmes le seront sans doute de quelque façon quelque part…

Il faut cependant en être conscient, et ne pas s’enfermer dans le déni : tout comme le djihadisme, l’islamophobie constitue en France un danger considérable, comme l’antisémitisme, son frère jumeau, dont il serait difficile de nier les dégâts dans l’Histoire.

Cela ne doit pas bien sûr arrêter le travail difficile et ingrat d’une critique respectueuse, compétente et informée, travail qui devrait être celui de tout penseur mais aussi de tout citoyen, qu’il s’agisse de religion, de politique, ou de tout autre composante de la vie de la Cité.

En font donc partie certaines mises au point qui me paraissent nécessaires, comme celle-ci.

Car il est dangereux de laisser subsister des erreurs et des sophismes qui polluent gravement les discours, comme c’est le cas des errements qui caractérisent actuellement la notion d’islamophobie.

Nul ne met en question le danger considérable que représentent le djihadisme et autres interprétations qui défigurent l’islam.

Mais un autre danger considérable se manifeste ici et maintenant, en France et en Europe: celui de joindre notre voix, par défauts d’analyses et de discernement, à celles qui feront que demain, le premier tour d’une élection présidentielle sera probablement remporté par une personne capable de comparer la présence de musulmans sur notre sol à l’occupation hitlérienne, alors même que la dite personne s’affiche lors de cérémonies en compagnie de nazis affirmés.

La probabilité d’une telle honte fait peu à peu son chemin, tant la levée des inhibitions est désormais manifeste.

Souvenons nous tout de même que les élections législatives allemandes de novembre 1932, qui ont amené Hitler au pouvoir, ont été remportées par le NSDAP, le parti national socialiste (Nazi), avec 33,1% des suffrages.

Il y a peut être des choses qu’il vaut mieux ne pas prendre à la légère.

Comme nous l’a montré Viktor Klemperer (Lti, la langue du Troisième Reich), la manipulation du vocabulaire en fait partie.

 

Ajout 13/03:

Lien à l’article bien documenté de Thomas Piketty:

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/03/12/l-europe-devient-elle-islamophobe_4881590_3232.html

Ajout du 18/03:

Quelques rapides remarques à propos d’un article qui m’a surpris par des affirmations qui me paraissent quelque peu spécieuses :

http://www.liberation.fr/debats/2016/03/14/radicalisations-et-islamophobie-le-roi-est-nu_1439535

D’autant plus que j’éprouve un grand respect pour les auteurs, en dépit de quelques interrogations sur certaines allégations encore récentes de Gilles Kepel, lorsqu’il prévoyait il y a à peine quelques années le déclin de l’islamisme…

Ma première remarque concerne des phrases telles que :

‘’«Radicalisation» comme «islamophobie» constituent des mots écrans qui obnubilent notre recherche en sciences humaines (…) Le corollaire de la dilution du jihadisme dans la radicalisation est la peur de «l’islamophobie» : l’analyse critique du domaine islamique est devenue, pour les nouveaux inquisiteurs, haram – «péché et interdit»’’.

Il me semble au contraire que, loin de constituer un « mot écran », le terme « islamophobie » à condition de le débarrasser du sophisme dénoncé ci-dessus, représente un vocable indispensable pour nommer de façon précise ce dont il est difficile de nier l’existence, telle qu’elle se manifeste entre autres dans les discours du FN ou de Trump, la montée de Pegida confirmée par celle de l’AFD, etc.

Bien sûr, il convient aussi de le distinguer de la critique légitime de certains aspects de l’islam (cf. mon post du 30/01) qui n’a certes aucune raison d’être frappée du « haram ».

Mais, encore une fois, c’est ici le respect de la signification des termes et non la confusion qui permettra le libre développement de « la recherche en science humaines », qui, sans cela, risquerait de passer à côté de phénomènes bien attestés : montée de l’islamophobie d’une part, dévoiement de l’islam de l’autre.

La seconde remarque concerne le différend entre les auteurs et Olivier Roy à propos de ce que ce dernier nomme, de façon à mon sens pertinente, « l’islamisation de la radicalité ».

Si en effet cette expression ne doit pas « dilue(r) dans la généralité un phénomène dont il interdit de penser la spécificité – fût-ce de manière comparative », ni occulter les différentes formes – à étudier bien sûr de façon précise  – de ce qui continue à être une caractéristique de certaines formes de l’islam, en quoi faudrait-il pour autant l’évacuer, alors que tant d’indices semblent montrer qu’elle permet elle aussi de désigner un phénomène qui se manifeste effectivement, en particulier chez nombre de « convertis » pour lesquels le besoin de radicalité précède selon toute probabilité la référence à un  « islam » qui demeure bien méconnu et bien problématique ?

[parmi nombre d’enquêtes similaires, cf. encore aujourd’hui:

http://abonnes.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/17/a-orleans-le-djihad-pour-tuer-l-ennui_4884442_1653578.html  ]

Sur ces point encore, comme pour ce qui est de « l’affaire Kamel Daoud », ne faudrait-il pas sortir d’une stérile opposition entre les « procès en sorcellerie » des uns et ceux des autres, en vue de favoriser l’abord analytique de phénomènes qui se caractérisent par une diversité telle qu’elle nécessite des approches différentes mais complémentaires ?

19 commentaires sur “D’une désinhibition de l’islamophobie. De ses origines et de ses conséquences. Réflexion sur une erreur de méthodologie et un sophisme de Caroline Fourest.

  1. Un mot peut avoir été utilisé à telle date, dans tel contexte, chez tel auteur. Il est utile de le savoir pour comprendre le contexte, l’auteur et la réalité décrite. Cela n’interdit pas d’observer ensuite la postérité de ce mot, son oubli… ou sa renaissance.

    Il est incontestable (cela s’est passé du temps de notre vécu, nous ne pouvons donc pas ne pas le savoir) que le recours à l’accusation d’islamophobie pour empêcher toute critique de ‘l’islamat’ (mot formé comme Etat, Sultanat ou Califat) ou du prosélytisme islamiste a été le fait des pouvoirs (en Iran, depuis qu’y fut réussie la « révolution islamiste » qui a abouti à la ‘théocrature’ qu’on sait) et organisations islamistes au cours des trois dernières décennies dans leur fantasme missionnaire et/ou quête de pouvoir.

    Paradoxalement, il ne serait pas impossible que les trop nombreux et tartufesques procès en ‘islamophobie’ faits à travers et le plus souvent à tort par des gens confondant volontairement et perversement islam et islamisme puissent finir en véritable exaspération généralisée et donc proprement ‘islamophobe’ d’une population qui ne supporterait plus rien de ce qui de près ou de loin ressemblerait à une revendication ou une exigence de reconnaissance corrélée à l’islam.

    Et là nous serions vraiment dans la m… ouise. Voire la guerre civile tant espérée par certains…

    On aura beau dire, le nazisme n’aurait jamais été possible dans un pays démocratique comme l’Allemagne sans la phobie anticommunisme que l’on put construire contre la virulence d’un certain militantisme communiste peu soucieux de démocratie.

    à une prochaine fois.

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  2. Sans doute. Sur ces points-là, je suis d’accord.
    Cela ne fait que renforcer l’urgence d’une vigilance et d’un discernement qui ne s’arrête pas aux idées reçues, qu’elles viennent d’un côté ou de l’autre.
    Cordialement.

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  3. Bonsoir Desideriusminimus et ses lecteurs,
    2ème lecture, plus attentive que la première, de ton article.
    La première avait été rapide, survolante. Faite après l’ingestion de quelques commentaires – clairement islamophobes- glanés dans les réactions des internautes du Monde.
    Ma réaction non-réfléchie, non-consciente du moment: taper  » Dupont Lajoie » dans mon moteur de recherche…
    Après ma 2ème lecture, je comprends mieux pourquoi j’ai repensé à ce film…
    Oui, l’islamophobie existe. Oui elle est ancienne, Oui elle est « dangereusement » installée dans notre pensée collective. Oui il faut la combattre, inlassablement. Oui il faut affirmer cela, le dire. Fort. Partout et dans toutes les occasions.
    Plus on le dira, mieux on combattra les ennemis, quels qu’ils soient, où qu’ils soient, de la « civilisation des humains ».
    Plus on le dira et moins, ces ennemis de la « civilisation des humains » pourront nous taxer… d’islamophobie.
    Plus on le dira, plus on sera juste, pertinent et efficace dans notre « travail difficile et ingrat d’une critique respectueuse, compétente et informée, travail qui devrait être celui de tout penseur mais aussi de tout citoyen, qu’il s’agisse de religion, de politique, ou de tout autre composante de la vie de la Cité. »
    Merci donc à cet article de nous donner les moyens de le faire.
    Bonne soirée et début de week-end,
    Qear

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  4. Bonjour Qear, et merci pour ce commentaire.
    Si j’ai bon souvenir, Dupont Lajoie mêlait racisme anti-arabe et islamophobie.
    Mais il en va souvent ainsi dans la vraie vie.
    Cordialement.

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  5. Bonjour Désidérius,
    J’ai lu l’article que tu a mis dans ton ajout du 13 mars. J’ai laissé le commentaire suivant sur le monde.fr : »« l’Europe devient-elle islamophobe ? ». Je poserais plutôt les questions suivantes : « Pourquoi l’islamophobie et le racisme anti-arabe, présents en France et en Europe depuis longtemps s’expriment-ils actuellement avec autant de force ? Quelles sont les conséquences actuelles de cette ancienne islamophobie et racisme anti-arabe ? Pourquoi a-t-on besoin actuellement d’un bouc émissaire ? »
    Je formule l’hypothèse suivante: » l’humain a besoin, dans sa vie individuelle et/ou collective d’avoir un bouc émissaire, lorsqu’il ne se pose pas, ne veut pas se poser, ne veut pas chercher les vraies réponses aux questions qui le tourmentent ». Qu’en penses-tu ? Y-a-t-il également un lien entre le besoin de bouc émissaire et « les pulsions- envie, jalousie, aigreur, etc » qui nous habitent ?
    Bonne continuation,
    Qear

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  6. Bonsoir Qear,

    De nouveau une bien vaste question ! Il y a eu d’innombrables recherches sur le phénomène du « bouc émissaire ». Entre bien d’autres, je suppose que tu connais René Girard, récemment disparu, et en particulier son livre qui s’intitule justement « Le Bouc émissaire », paru en 1982.

    Mais je pense que ton approche est juste pour l’essentiel.

    Pour aller dans ton sens, avant même de se lancer dans des approfondissements anthropologiques et philosophiques complexes, il me semble que quelques expériences banales nous permettent d’appréhender au moins une partie de la réalité du phénomène : expériences de ce que je me risquerai à nommer le transfert fantasmé de responsabilité.

    Chacun se souvient d’avoir répondu dans son enfance, à un parent, un maître, etc. qui nous accusait de quelque chose, par la fameuse formule : « C’est pas moi, c’est l’autre ».

    Je pense que le phénomène du bouc émissaire commence avec ce refus infantile plus ou moins conscient de se concevoir libre, d’assumer la responsabilité, éthique et politique, de répondre « je » à une imputation, attitude qui s’accompagne du fait de transférer sur l’autre la culpabilité.

    On a donc tous plus ou moins expérimenté ceci dans notre enfance, car il s’agit d’un comportement infantile.
    Normalement, cela devrait passer avec l’âge et l’accession à plus de maturité.

    Le problème étant qu’apparemment cet état semble persister chez nombre de dirigeants, de politiciens, et aussi d’électeurs… Et qu’il ne se porte jamais mieux qu’en période de crises, quand il faut désigner des coupables.

    Mais ce qui n’était que simple immaturité chez l’enfant devient faute condamnable chez l’adulte conscient.

    « Le chômage, la crise, c’est pas moi, c’est mon prédécesseur, c’est l’Europe, c’est la mondialisation, c’est la conjoncture, c’est l’immigration, etc. ». Ce n’est certes pas toujours entièrement faux, mais cela reste bien infantile et condamnable, car l’argument sert le plus souvent à ceux qui l’utilisent pour se défausser de leur responsabilité en chargeant « l’autre » de la culpabilité (car, à contexte égal, on peut toujours trouver ailleurs des dirigeants qui réforment, qui accueillent des émigrés, etc. et qui réussissent pourtant parce que plus adultes et responsables, moins infantilement démagogues, etc.).

    Et « l’autre » sera bien sûr d’autant plus coupable qu’il sera plus « autre ». Que sa couleur de peau, sa religion, permettront de mieux l’assigner à cette altérité qui nous disculpe.

    Un critère quasi infaillible pour juger du degré de responsabilité et donc de crédibilité d’une femme ou d’un homme politique est d’ailleurs sans doute le nombre de « boucs émissaires » qu’il convoque dans son argumentaire et son programme: quand on entend que le responsable de tous les maux c’est un certain état de l’Europe, passe encore si le discours est vraiment argumenté et raisonné, mais si en plus de l’Europe, on convoque la mondialisation, et en plus de la mondialisation l’immigration, et en plus de l’immigration, l’islam, et en plus de l’islam…. On entre dans ce que je nomme le « transfert fantasmé de responsabilité », et on peut être sûr d’avoir affaire à un grave infantilisme politique, à une indéniable pathologie de la responsabilité qui ne peut bien sûr qu’entraîner bien des déboires.

    Ou, bien plus grave, à une manipulation consciente et délibérée de l’immaturité d’autrui, qui constitue alors un véritable délit.

    Et, comme tu le dis, ce transfert de la culpabilité sur un autre fantasmé, en particulier « le » juif, « le » musulman, « l’ » arabe, « l' »immigré, qui devient porteur de tous les péchés du monde, légitime alors la levée de toute inhibition à son égard, « pulsions, envie, jalousie, aigreur », etc.. On peut ici en revenir à Girard : la concentration de la culpabilité sur un individu, un groupe d’individus, une communauté, etc. va s’accompagner de la concentration sur lui (ou sur eux) d’une violence qui sera dès lors perçue comme légitime (indispensable, même…), et l’élimination du bouc émissaire constituera le « rite » nécessaire à la restauration elle aussi fantasmée d’une communauté sans violence.

    « Quand on aura éliminé « le » juif, « l’ » arabe, « le » musulman, « le » mexicain, « l »‘immigré, vous allez voir comme tout va aller mieux ! ».

    Il suffit de regarder les USA, l’Allemagne, etc. et bien sûr la France pour se rendre compte combien les vieux fantasmes – tragiques et coupables en dépit de leur caractère infantile – ont la vie dure.

    A bientôt !

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  7. Bonjour Désidérius,
    Merci pour ta réponse. Franchement, je suis heureux de t’avoir rencontré et d’échanger avec toi. Te lire me rend plus intelligent. Je ne connais pas René Girard mais je vais faire sa connaissance.
    Je change de sujet.
    Je m’interroge sur la lisibilité des articles de mon blog: As-tu-vu que les mots, phrases, en bleu dans mes articles, sont des liens renvoyant à d’autres articles, chansons, vidéos, etc. ? J’ai posé cette même question à une autre personne qui ne l’avait pas vu.
    Bonne fin de semaine et à bientôt,
    Qear
    PS: quelle matière enseignes-tu et à quels élèves ? Je suis moi même enseignant, en maternelle à Besançon.

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  8. Bonjour Qear,
    Et merci pour ton commentaire. Mais ce n’est pas ma lecture qui te rend plus intelligent. C’est ton ouverture d’esprit qui te permet de trouver dans mes bricolages verbaux qui valent ce qu’ils valent de la matière que tu utilises intelligemment pour construire quelque chose, d’une façon qui doit bien sûr rester critique.

    Pour ce qui est de ton blog, je le trouve très lisible et attrayant. Je ne serais pas capable d’en faire autant, et, pour ma part, je me contente du minimum avec ce que me proposent les blogs du Monde. Bien sûr que les mots en bleu se voient. D’autant plus que tu as précisé le mode d’emploi. Pas de problèmes à ce niveau, me semble-t-il.

    De mon côté, je suis un vieil homme! J’ai terminé un parcours professionnel très éclectique en enseignant la philo pendant 15 ans. Retraité depuis 2 ans, je n’ai donc plus d’élèves. Mais ce blog me permet de continuer à entretenir quelques thèmes, philosophiques et autres, qui m’intéressent, et à partager quelques préoccupations.
    Tu me fais plaisir en me disant que cela t’apporte quelque chose.
    En fait, en 15 ans d’enseignement où j’ai bien dû dépasser le millier d’élèves, je peux compter sur les doigts d’une seule main ceux qui m’ont dit des choses semblables…
    J’espère que les élèves de maternelle sont un meilleur public ! Tu fais un travail essentiel. Tout commence par là (après les parents, bien sûr).
    Rappel: http://qear.blog.lemonde.fr/

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  9. Bonjour Désidérius,
    Je viens de lire sur le monde cet article: http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2016/03/18/des-personnalites-de-gauche-se-mobilisent-pour-la-laicite_4885696_823448.html

    J’ai envoyé au Monde.fr la réaction suivante:
     »

    Je viens de lire ce manifeste. J’ai également lu les motivations d’E. Badinter et de Fleur Pellerin. Ma première réaction est de n’avoir pas envie de le signer. Non pas que je sois contre le contenu (même si le dernier paragraphe m’interroge… pourquoi terminer ce manifeste sur cette allusion aux femmes voilées ? )

    Je n’ai, en l’état actuel de ma réflexion, pas envie de le signer parce qu’il ne répond pas aux questions que je me pose sur qear.blog.lemonde.fr »

    Le manifeste: http://www.marianne.net/agora-face-aux-attaques-contre-republique-manifeste-printemps-republicain-100240897.html
    Fleur Pellerin: http://www.marianne.net/fleur-pellerin-pourquoi-je-signe-manifeste-printemps-republicain-100241075.html

    As-tu lu ce manifeste ? Qu’en penses-tu ?
    Bon début de week-end,
    Qear

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  10. Bonsoir Qear,

    Je viens de lire les textes que tu me signales.

    En ce qui concerne la « lettre » même du « Manifeste », je n’y vois pas, pour ma part, de problème particulier et je suis assez d’accord sur l’ensemble (je ne vois pas dans le Manifeste l’allusion au voile dont tu parles. Il y en a bien une dans l’article du Monde, mais elle concerne la déclaration de Laurent Bouvet, « A l’inverse, les signataires ne veulent pas être assimilés aux « radicaux qui veulent laïciser toute la société », explique le politologue, qui rappelle son opposition à l’interdiction du voile à l’université », déclaration qui me semble parfaitement sensée, puisque aucune loi ne régit – et n’a à régir – en France, la façon de s’habiller des personnes majeures, hormis en ce qui concerne la dissimulation du visage, ce qui n’est pas le cas du hijab, voile le plus fréquemment porté par les musulmanes.

    Pour moi, ce texte, en tant que tel, ne fait donc pas problème, même si, bien sûr, il peut faire – et fera – l’objet d’interprétations qui risquent d’en dépasser la « lettre ».

    Ce qui fait plus problème pour moi, c’est :

    1) le lieu de sa publication : Marianne ne manquant habituellement pas une occasion de manifester un attachement à une laïcité plutôt « laïcarde » qui ne brille pas par sa finesse et son discernement. Il me semble que le fait de publier un tel texte dans ce journal est un appel implicite à un certain type d’interprétation.

    2) Certains signataires, qui, bien dans l’esprit de Marianne, ne me semblent pas non plus briller par leur discernement.

    Pour ma part (cf. mon post du 30/01) je pense qu’Élisabeth Badinter aurait dû au moins publier un rectificatif à propos de ses déclarations sur France Inter. La façon dont elle a utilisé le terme « islamophobie » exigeait des précisions. Et le fait qu’elle signe ce texte sans avoir jugé nécessaire de faire de telles précisions fait entrer le loup dans la bergerie, et laisse présager de l’orientation des « dépassements de la lettre » auxquels on peut s’attendre…

    Il en va de même de l’article de Fleur Pèlerin, lui aussi publié par Marianne (tiens donc…).
    Il faudrait bien sûr le reprendre en détail, mais j’estime que le passage sur la culture en particulier est assez lamentable, et indique bien, lui aussi, quel genre d’interprétation certains signataires entendent donner de ce texte, ouvert quant à sa « lettre », mais potentiellement ambigu quant à son interprétation :

    Quand on se permet de déclarer que « lorsque des enfants sont ensemble et font de l’improvisation théâtrale ou participent à un orchestre, cela permet de remettre la question religieuse à sa place, c’est-à-dire dans la sphère du privé. La socialisation doit s’opérer autour d’affinités autres que religieuses ou ethniques, par la culture et l’éducation. Cela permet surtout de construire un discours critique sur les religions ou les pratiques religieuses » ; outre que la question de la religion, pas plus que celle de l’athéisme, n’a jamais relevé uniquement de la « sphère du privé » et qu’il faut avoir une idée bien simpliste et réductrice de la laïcité pour le croire*, il serait urgent que cette (ex., fort heureusement…) ministre de la culture se rende compte que les références religieuses – tout comme celles à l’athéisme – sont omniprésentes dans les œuvres théâtrales, littéraires, picturales, et même musicales (a-t-elle jamais entendu parler de Bach, Messiaen, etc..?) qui constituent notre culture.

    À moins que ce qu’elle nomme culture soit quelque chose de très particulier (du même type que la « culture » que présentent tant de mes ex-collègues qui ne connaissent de la religion que ce qu’en disent Voltaire ou Feuerbach, si ce n’est Onfray ou Fourest…). Puisque le « discours critique » dont elle parle ne concerne que « les religions ou les pratiques religieuses ». Tiens donc ! (bis). Les athéismes seraient-ils donc exclus a priori de tout « discours critique » les concernant ?

    Il est évident que concevoir la « laïcité » de cette façon réductrice ne peut que jeter le doute dans l’esprit de ceux qui sont réellement attachés à cette valeur.

    Et que ce n’est pas ce genre d’approche ignorante et discriminatoire qui permettra de surmonter la question des « bagarres ou de disputes d’enfants sur des questions de religion » qu’elle signale dans les écoles.

    Encore une fois, si le texte lui-même me paraît correct, le discernement et la vigilance s’imposent sur ce que certains risquent d’en faire.
    D’autant plus qu’ils ont déjà annoncé la couleur !

    A bientôt !

    * Ajout: quelques liens à des articles de spécialistes reconnus de la laïcité sur le rapport « sphère privée-sphère publique », pour servir à la culture déficiente de notre ministre:
    https://blogs.mediapart.fr/edition/laicite/article/151015/laicite-sur-les-relations-entre-sphere-publique-sphere-privee
    http://www.liberation.fr/societe/2015/01/16/la-loi-ne-relegue-pas-la-religion-dans-la-sphere-privee_1182462
    http://www.europe1.fr/societe/laicite-la-loi-de-1905-est-une-loi-de-liberte-2651183

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  11. Bonjour Désidérius,
    Je développerai plus tard, peut-être sur mon blog, les raisons de mon manque d’enthousiasme -qui n’est pas non plus un désaccord- par rapport au manifeste – et (sourire) à son dernier paragraphe qui me turlupine…-. Parce que c’est cela – mon manque d’enthousiasme- qui ne me donne pas envie de le signer…
    Par rapport à ton ajout du 18/03.
    Effectivement quelle perte de temps, d’énergie, de créativité dans ces diverses querelles et autres procès « en sorcellerie » !
    Il me semble, que ce qu’il y a d’important, c’est de comprendre la relation « recruteur-recruté- ». Pour cela les deux approches, je te rejoins, sont complémentaires, nécessaires et indispensables.
    Ces deux approches doivent avoir les moyens de chercher. Si Les critiques que formulent G Kepel sur le fonctionnement de la recherche sont justes, cela est dommageable pour tout le monde.
    Mais déjà, oui, cessons ces querelles stériles, car d’autres radicalisations sont également à comprendre :
    – l’extrème-droitisation de la radicalité,
    – l’abstentionnalisation de la radicalité,
    – la bouc-émissarisation de la radicalité,
    – Et peut-être d’autres encore…
    Bon dimanche,
    Qear

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  12. Bonjour Qear,
    En effet, la couleur ayant été annoncée, les débordements ne se sont pas fait attendre:
    cf.: « Paraphrasant Elisabeth Badinder, l’élue parisienne [Frédérique Calandra] monte alors le curseur d’un cran : «la patrie et la laïcité ne sont pas des mots sales, […] n’ayez-pas peur du mot islamophobe, car c’est nous le rempart contre les extrémistes».
    Navrant…
    http://www.liberation.fr/france/2016/03/21/au-lancement-du-printemps-republicain-n-ayez-pas-peur-du-mot-islamophobe_1440912

    PS: Je pars en voyage pour quelques jours. Si tu pouvais me signaler les réactions et articles intéressants concernant le « Printemps Républicain ». Merci !

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  13. Bonsoir Qear,
    Toutes mes excuses. Ne te prend pas la tête pour ça.
    Je suppose que s’il y a quelque chose d’important, tu en parleras sur ton blog.
    J’irai le voir au retour, lundi prochain.
    Grand amoureux de l’Espagne et de ses montagnes, je vais faire un tour par là-bas.
    A bientôt !

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  14. Bonsoir Désidérius,
    Pas de malentendus: ta demande ne me pose aucun problème, bien au contraire !
    Bonne virée espagnole,
    Qear
    PS: si tu vas dans les Pyrénées, passe leur le bonjour de ma part, c’est mon origine (côté français).

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  15. Bonjour Qear,

    Et merci pour le « florilège » d’articles que tu as rassemblé.
    Tous ont de l’intérêt. Je partage en particulier les positions de Jean Pierre Filiu, lorsqu’il dénonce le « tout-à -l’ego » qui semble caractériser les polémiques stériles du type de celles qui ont lieu entre Gilles Kepel et Olivier Roy, comme s’il ne pouvait y avoir une diversité dans le fait même du « recrutement » des djihadistes: il est évident que ce ne sont pas les mêmes motivations qui poussent les tunisiens ou les irakiens qui rejoignent Daesh et les petits gangsters parisiens ou bruxellois qui connaissent à peine l’islam, encore moins les jeunes convertis issus des classes moyennes et qui croient découvrir dans un extrémisme religieux la réponse à leur mal-être ou la réalisation de leurs fantasmes.
    Toutes ces raisons devraient être étudiées de façon spécifique et qui prenne en compte leur complémentarité, et non pas abordées de la façon réductrice que favorisent certains « combats des ego ».
    Même si le dénominateur commun là dessous réside dans la façon dont ces différents recrutements s’effectuent au bénéfice d’un seul et même intérêt qui sait parfaitement identifier les « besoins » des candidats divers, les manipuler et les investir à son profit.

    Quant aux articles concernant « l’affaire Daoud », ils ne me semblent pas rajouter grand chose, si ce n’est qu’ils confirment la nécessité de préciser ce dont on parle, de distinguer, encore une fois, critique et islamophobie.
    « Témoigner de la sympathie envers le monde musulman » comme le disent Berman et Walzer ne passe certes pas par le fait de « blâmer » ses écrivains les plus engagés, mais par un travail ingrat de précision des discours, qui seul peut lever les ambiguïtés délétères.
    A bientôt.

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