Bon premier avril, Madame Rossignol !

Stultitia est furieuse ce matin :

« Marre des atteintes à la laïcité » me dit-elle.

« Je sors ce matin, et je tombe sur un curé en col romain, accompagné d’une bonne sœur voilée. Tu te rends compte : non seulement la sœur fait, à l’évidence, preuve de soumission, voire d’apologie militante de l’esclavage consenti, mais le prêtre par son col exhibe, lui aussi de façon militante à n’en pas douter, son inféodation ultramontaine à un État étranger : le Vatican, combien de divisions ?

Laurence Rossignol que fais-tu donc ?

[Stultitia fait bien sûr allusion aux récentes déclarations du ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes :

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2016/03/31/laurence-rossignol-les-negres-et-le-voile_4892777_3224.html ]

Mais ce n’est pas tout : quelques centaines de mètres plus loin, voilà que je croise deux lurons, l’un portant un tee-shirt du Che, l’autre exhibant la devise ‘’ Ni Dieu ni maître ‘’. Des militants encore, bien sûr ! Et pour compléter le tableau, un homme me dépasse, couvert d’une kippa !

Mais jusques à quand nos rues devront-elles être les supports de la propagande religieuse, gauchiste, anarchiste, athée, capitaliste… Sans parler bien sûr de nos médias.

Au secours Laurence, au secours !

Et puis tous ces gens tatoués ! Ne savent-ils donc pas – et pourquoi Laurence n’est-elle pas là pour le leur rappeler – que le tatouage est un signe traditionnel bien attesté de l’esclavage ? »

[Stultitia, fort érudite comme chacun sait, fait allusion ici à une pratique répandue dans l’Antiquité :

« Dans l’Athènes antique, les esclaves sont systématiquement tatoués d’une chouette ou dans certains cas d’un vaisseau de guerre sur le front, afin qu’ils restent reconnaissables en tout lieu et de façon permanente. Les Romains héritent à leur tour de la pratique du tatouage, toujours dans une utilisation punitive. Les esclaves sont marqués par un tatouage plus discret que chez les Grecs : au lieu d’un dessin de chouette, les Romains tatouent la première lettre du nom de famille du maître entre les deux yeux des esclaves ». Wikipédia, article « Tatouage ».

Le même article mentionnant plus loin les pratiques de

« différents groupes du crime organisé usent du tatouage de façon symbolique. C’est le cas, par exemple, des yakuzas au Japon, des voleurs dans la loi de la mafia russe ou encore des membres des Maras au Salvador. Ces trois organisations ont recours au tatouage forcé sur certains de leurs membres, dans certains cas pour des raisons punitives »].

« Et que dire donc du piercing, lui aussi marque d’esclavage consenti ! Des anneaux et des chaînes … Réveille-toi donc, Laurence ! »

[Sur ce point encore, l’érudition tous azimuts de Stultitia fait allusion à des pratiques bien attestées, en particulier dans la Bible :

« Dans Exode 21:6, le perçage de l’oreille est une marque d’esclavage avec asservissement à perpétuité ou d’affranchissement conditionné librement consenti par l’interprétation du verset 5. 5 Mais si le serviteur déclare: «J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je renonce à partir libre», 6 alors le maître prendra Dieu à témoin et fera approcher l’homme du battant de la porte ou de son montant et lui percera l’oreille avec un poinçon et cet homme sera son esclave pour toujours. » dit encore Wikipédia (article « Piercing »)].

« Sans parler de toutes celles et ceux qui se transforment sans vergogne en esclaves consentant(e)s de la publicité en se faisant femmes et hommes sandwiches au bénéfice du capital des multinationales du vêtement ou de la chaussure ! Et dire qu’on se presse pour en exhiber les marques…

Laurence, où es-tu donc ?»

Quoi qu’ayant du mal à rivaliser avec des remarques tellement érudites, j’essaie tant bien que mal de la calmer :

« Tout cela n’a pas grande importance », lui dis-je. « On ne peut stigmatiser tout le monde : il est donc normal et de bonne guerre (cf. remarques sur René Girard et le « Bouc Émissaire »dans une « réponse » de mon post précédent) de se concentrer sur les musulmans bien sûr, cela va de soi, et en l’occurrence sur le voile qui ne peut être, bien entendu, qu’une manifestation d’arriération mentale autant que de militantisme politique. Puisqu’à l’évidence et après moult études approfondies, nous dit notre ministre, ‘’ces femmes sont pour beaucoup d’entre elles des militantes de l’islam politique’’ ».

« Tiens donc ! – réplique derechef Stultitia – Il serait un peu simpliste de leur faire porter à elles seules le chapeau. Car dans quel orifice notre ministre introduit-elle le thermomètre qui lui permet d’évaluer le degré de militance politique ? Et qu’est-ce qui lui permet d’affirmer que mon porteur de col romain, du tee-shirt du Che, ou encore que M. Zemmour, M. Onfray, Mme Fourest etc. seraient moins « militants » que Fatima, notre voisine qui porte le voile, mais n’a jamais voulu entendre parler de politique ? »

J’avoue qu’il m’est difficile de répondre à un tel argument. Pas plus que Stultitia, je n’ai en effet de renseignements sur le dit orifice, que Mme Rossignol doit, elle, connaître sans aucun doute.

Je rends donc les armes : « Soit. Que proposes-tu, alors ? »

«Il ne faut pas s’arrêter en chemin – répond-elle -. Il faut oser aller plus loin que Laurence Rossignol et prôner la neutralité absolue ! Voilà la laïcité, la vraie, la seule ! À commencer par l’apparence vestimentaire. Et le contrôle permanent de cette neutralité par les forces de l’ordre. Plus de tee-shirt à l’effigie de quiconque, plus de devises sur les vêtements ou les chaussures, plus de kippa, plus de voile, etc. Vive l’uniforme ! Dans le fond, c’est le vieux Mao qui avait raison. C’est bien cela que notre ministre doit mettre en œuvre ».

Quelque peu intimidé, j’avance toutefois : « Cela risque d’être bien compliqué, car une telle conception de la neutralité va devoir dépasser le simple domaine vestimentaire. Pense donc : nos jours fériés dont beaucoup ont une référence religieuse, nos jours de la semaine et nos mois païens, notre chronologie qui se réfère à « l’ère chrétienne », nos prénoms et jusqu’à nos noms de famille, il faudrait donc « neutraliser » tout ça !

Car quand je dis que « les vacances de Pâque(s) commencent un mercredi du mois de mars, je fais dans la même phrase référence au judaïsme, au christianisme, et aux dieux païens Mars et Mercure !

Et si je parle de François, Manuel, Najat, Myriam, Laurence, je suis encore dans le religieux. Et plus encore si je mentionne quelques noms de famille comme Elie Cohen, Marwan Mohammed, ou Jean Luc Lemoine…  Comment s’en sortir ? À moins de verser dans le genre d’éducation particulièrement élaborée que propose Fleur Pèlerin (Pèlerin, un si beau patronyme…) qui considère que la culture est ce qui permet « de construire un discours critique sur les religions ou les pratiques religieuses ». L’agnosticisme et l’athéisme étant selon toute apparence des croyances miraculeusement épargnées par la nécessité de la critique… »

Mais l’argument ne démonte pas les velléités de Stultitia, qui continue de plus belle :

 » Mais nous sommes désormais à l’ère numérique : profitons-en pour laisser tomber toutes ces vieilleries ! Ce sera de plus un gain pour la gestion informatique de nos données : cela fait bien longtemps que nous sommes des numéros pour la sécurité sociale, les banques, etc. Quel est donc le problème ? Plus de François Lepape, plus de Mohammed Benali, plus de Sarah Lévy, mais la magnifique neutralité laïque des nombres : le matricule 07 33 853 675, le 05 83 524 232, ou le 04 25 863 428 etc… Cela aurait de plus l’avantage de faire travailler la mémoire, ce qui est essentiel à notre époque guettée par l’Alzheimer ».

[pour ne pas complexifier plus encore le débat, je n’ose émettre la remarque qu’un tel pythagorisme, qui divinise le nombre, s’apparente fort à une religion et se révèle donc bien peu laïque. Mais passons…]

« Et pour ce qui est des datations on pourra compter depuis le « Grand Boum » (le terme Big Bang relevant bien sûr de l’impérialisme linguistique américain…), continue-t-elle. Nous serions donc en l’année 13 798 000 253 652 après GB. Rien de plus simple et de plus universel. Et donc de plus laïque. Plus rien à faire du 22 Adar II 5776, de 2016 après J.C ou de 1437 après l’Hégire. Tout le monde sera d’accord.

Pour ce qui est des jours de la semaine et des mois : jour 1 ; jour 2, etc. suivi du numéro du mois ».

[Je fais ici remarquer que nommer ainsi les jours de la semaine peut se révéler encore conflictuel, car cela correspond au calendrier hébraïque, qui nomme les jours selon l’ordre de la Création dans la Genèse, ainsi qu’au calendrier liturgique latin, que suit encore le portugais, etc.]

Qu’à cela ne tienne ! Stultitia, qui dans sa grande érudition avait prévu l’objection, trouve aussitôt la parade : pour sauvegarder la neutralité laïque, on utilisera quelque artifice, tel que le numéro de la semaine suivi du nombre du jour : cela donnerait pour aujourd’hui 13 (semaine)-01 (jour)-04 (mois)-13 798 000 253 652 (année après GB).

Bien sûr, plus de jours fériés en fonction des fêtes religieuses, mais là encore, un calendrier numérisé avec des fêtes parfaitement neutres, dont l’intervalle serait calculé au mieux en fonction des nécessités de repos de tous : outre les jours de congé hebdomadaire, on aurait donc : fête 1, fête 2, fête 3, etc.

Projet enthousiasmant, n’est-il pas ? Elle en a dans la tête, ma chère Stultitia. Au moins autant que Laurence ou que Fleur, faut pas croire !

Ainsi pourrait-on enfin surmonter les affres de tant d’ « habitus » rétrogrades,

[Habitus : Sociologie: le terme d’habitus désigne les « manières d’être » communes à plusieurs personnes de même origine ou de même culture, et qui procèdent de l’incorporation par l’individu des pratiques et des normes véhiculées par leur groupe d’appartenance. Cf. N. Elias et P. Bourdieu ». La philosophie de A à Z, Hatier 2011]

ceux-là même qui nous poussent à tant de communautarismes religieux comme irréligieux et nous éloignent tellement de la splendeur neutre, purement numérique des valeurs universelles.

C’est du moins l’avis de Stultitia.

J’avoue que, pour ma part, je reste encore dubitatif…

Pour un lecteur d’Orwell et d’Huxley, outre le contre sens (cf. dans une « réponse » du post précédent les références aux articles de Jean Baubérot et Pierre Tournemire), entendre prêcher l’uniformité et l’universalisme abstrait au nom de la laïcité me paraît avoir un certain air de déjà-vu.

http://www.laligue24.org/images/stories/environnement/C32dessin4.jpg

Peut-être est-ce parce que je suis plus âgé que Stultitia…

[Cf. aussi sur le sujet :

http://desideriusminimus.blog.lemonde.fr/2015/02/13/a-propos-de-liranien-de-mehran-tamadon-et-du-port-du-voile-a-luniversite/

et les différents visages possibles des ayatollahs,

ainsi que quelques remarques d’Annie Ernaux sur le voile. Féministe de longue date, elle a tout de même une vision un peu moins sommaire et plus attrayante de la laïcité que celle que s’efforcent de nous proposer Mme Rossignol et sa disciple exaltée Stultitia (vers 8mn40) :

http://www.arte.tv/magazine/28minutes/fr/annie-ernaux-pourquoi-le-mythe-bresilien-seffondre-28minutes

Mais je vous laisse. Je dois aller voir des amis dans le Tarn et Garonne, à Lavilledieu du Temple (qui deviendra donc en Novlangue Lavillechose du Truc). Mais il faut que je fasse un arrêt au passage à Machin-Gaudens (les nombreuses références aux saints et aux saintes dans notre toponymie si peu laïque devant bien être remplacés par quelque chose, tout de même!).

Bon premier avril, donc Madame Rossignol. À propos, le poisson ne serait-il pas un symbole chrétien ?

PS : encore de bons articles à méditer :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/25/marwan-mohammed-la-tentation-separatiste_4889973_3232.html

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2016/04/01/nacira-guenif-souilamas-non-l-islamisme-n-est-pas-le-probleme-des-musulmans_4893897_3224.html

 

2 avril : ouf ! J’allais en venir à douter. Mais après les débordements d’hier, Stultitia a retrouvé le sérieux et la dignité qui la caractérisent. Ainsi que sa créativité en passe de devenir légendaire.

Pensez ! Elle vient d’inventer la faithpride (fierté de la foi). Il s’agirait d’une journée de rencontre festive de toutes les religions, avec chants, concerts, chars, etc…

Un peu comme la « fessepride » dont elle s’inspirerait (ne pensez pas à mal, c’est un clin d’œil : Stultitia a été depuis ses origines une fervente admiratrice de la gaypride).

On y verrait défiler ensemble, bras dessus, bras dessous, des bouddhistes, avec ou sans robe safran, des juifs, avec ou sans kippa, des catholiques, avec ou sans col romain, des protestants, des musulmans et musulmanes, avec ou sans voile, des parsis, des hindouistes, etc…etc…

Tout un monde joyeux et coloré qui montrerait les richesses de ce qu’a toujours été la culture, n’en déplaise à certains : un chatoiement de diversité.

Et ceci sous les yeux des ayatollahs divers, intégristes religieux et laïcards de tous bords qui bien sûr observeraient tout ça avec une componction et une réprobation tout ecclésiastique.

N’est-ce pas, Mme Pèlerin, Mme Rossignol, Mr. Valls…

En attendant l’invention à venir de bien d’autres « prides » tout aussi imaginatives et colorées…

Affaire à suivre, donc…

 

Avertissement: Même il s’agit sur le fond du même débat, je renvoie mes remarques sur les propos d’Élisabeth Badinter dans un post suivant, pour ne pas trop mélanger les genres et les personnes. Une partie des « réponses » ci-dessous, rédigées avant ce renvoi, se rapportent donc au post suivant.

 

 

3 commentaires sur “Bon premier avril, Madame Rossignol !

  1. Bonjour Désidérius,
    Excellent article ! Sur la forme, comme sur le fond.
    Pour ma part, j’avais laissé le commentaire suivant aux propos de Mme Rossignol:
     » Dans une société qui irait bien, ces femmes, celles qui portent le voile, celles qui ne le portent pas, ou plus, ou pas encore, et des hommes prendraient la parole. On les écouterait. On avancerait ensemble. Cela ne se passe pas comme ça… Et je doute que les propos de notre ministre aillent dans le sens du dialogue… C’est dommage. »
    Je te cite maintenant:
    « Car le droit, par définition, n’a pas à élucubrer sur le « for interne », sur les méandres d’un consentement dont il ne pourra jamais élucider les mystères ni le degré de liberté. Il a à sanctionner les agissements des proxénètes qui relèvent du « for externe » et à accompagner par des mesures judiciaires adéquates le démantèlement des réseaux. »
    J’ajouterais, dans ta citation, au mot droit, les mots, « nous », « la société », « les penseurs », etc.
    Peut-être, est-ce le principal défaut de toutes ces réactions, articles, pensées, affirmations, etc. C’est qu’elles se substituent aux autres, à l’autre, dans son libre choix. « Moi, j’affirme savoir mieux que toi, pourquoi tu fais ça et ce qui est bon pour toi ». Notre rôle, responsabilité de citoyen, est de s’assurer que la parole est libre. Si une personne, nous indique qu’elle n’est pas libre, notre rôle, responsabilité est de l’aider, si elle le demande, à se libérer. Par délégation de pouvoir, un ministre représente cette responsabilité. Par ces propos, Mme Rossignol( et bien d’autres…) n’assume pas cette responsabilité citoyenne.
    Donnons donc la parole « à l’autre », écoutons le, débattons, confrontons et construisons ensemble ! En acceptant le principe que le débat nous fera bouger. Ce qui est nécessaire. La vie est mouvement. Ce qui ne bouge plus est mort.
    Bonne continuation,
    Qear
    PS: dès que je trouve une idée de pride, je t’en fais part…

  2. Commentaire que je viens d’ajouter à votre commentaire sur le Monde.fr. On verra s’il passe.

    « Toujours un vrai et profond b(r)ouillon de culture, votre blog 🙂 Merci de vos efforts. Mais à naviguer tous azimuts pour ramasser toutes les défroques ou accessoires symboliques de quelque confession, conviction ou situation sociale, vous négligez le contexte actuel (éducation à la haine & violence terroriste) qui fait que telle panoplie inquiète plus qu’une autre. »

    Par ailleurs, peut-être faudrait-il approfondir la notion d’exemplaire sinon admirable liberté des unes à se soumettre (à la mode, à l’idéologie ou au Dieu de leur choix ou destin), « liberté » des unes qui par la « bande » (médias, publicité, propagande ou ‘prêches’ divers, sinon par le groupe ou le quartier voire quelque police de la bienséance) implique de fait la pression sinon l’oppression sociale et idéologique exercée sur les autres.

    Bien à vous.

  3. Merci, Qear et Claustaire, de votre pertinence et de votre fidélité.

    Pour Qear: tout à fait d’accord sur le fait que ni Mme Rossignol, ni Mme Badinter, n’assument leur « responsabilité citoyenne ». Il y a bien du travail à faire…

    Pour Claustaire: « Mais à naviguer tous azimuts pour ramasser toutes les défroques ou accessoires symboliques de quelque confession, conviction ou situation sociale, vous négligez le contexte actuel (éducation à la haine & violence terroriste) qui fait que telle panoplie inquiète plus qu’une autre ».

    Je pense que la première partie du post suivant donne une piste de réponse.
    Pour ma part, nombreuses expériences et observations aidant, je suis persuadé qu’une certaine façon stupide « d’imposer » (sic. C’est l’expression même de Mme Badinter) un soi disant « universalisme » abstrait et dogmatique participe dangereusement de « l’éducation à la haine« , potentiellement porteuse de violence terroriste.
    [ajout: après tout, ça a bien été la façon de faire des américains, qui ont cherché à « imposer » la démocratie en Irak, avec les résultats que nous savons…]

    Pour ma part, je suis plutôt contre les signes d’appartenance, vestimentaires ou autres. Mais j’estime donc qu’un adulte a le droit de choisir la manière dont il s’habille, et que lui faire la leçon sur ce sujet relève du ridicule.
    Et il y a fort à parier que la frénésie quelque peu hystérique concernant l’interdiction du voile suscitera par réaction bien compréhensible (il est stigmatisé de façon tellement ignare et hypocrite – cf. Pierre Bergé et nombre de « trolls » dans les commentaires et sur les réseaux sociaux) une augmentation du nombre des femmes voilées.
    Même moi, qui aime prendre le parti des stigmatisés, j’en viens, devant tant d’attaques stupides, à me demander si je ne vais pas finir par me voiler…

    Et tout cela fera, bien entendu, le plus grand bonheur des intégristes et des djihadistes, qui ne demandent qu’à attiser ce genre de stigmatisation.
    Comment peut-on se prétendre intellectuel ou politique et ignorer à ce point ces grosses ficelles stratégiques vieilles comme le monde ?

    Cordialement !

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