Une analyse particulièrement pertinente, tirée de la remarquable biographie par Michel Laval de ce grand témoin trop méconnu du XXème siècle que fut Arthur Koestler, devrait inciter nos politiciens – et tout citoyen – à plus de responsabilité quant aux conséquences potentiellement catastrophiques de certaines manigances irresponsables suscitées par une cécité idéologique autant qu’une misérable guerre des egos.
Car c’est bien une situation de ce genre qui aboutit, en 1933, à la prise de pouvoir par le Parti nazi. Or, cette catastrophe aurait pu être évitée si le Parti communiste allemand, le KPD, qui se considérait seul représentant de la gauche véritable avait accepté de s’unir à des sociaux-démocrates dont il estimait qu’ils faisaient le jeu de la bourgeoisie et trahissaient les idéaux révolutionnaires. La création d’un tel « front républicain », moyennant certes des alliances et un positionnement plus centriste et plus modéré, aurait pu éviter la catastrophe qui amena Hitler au pouvoir avec les élections de 1932 et 1933.
Dans notre situation actuelle, les tendances de gauche les plus intransigeantes ne sont sans doute plus incarnées par le Parti communiste, mais nous reconnaîtrons sans peine, me semble-t-il, bien des dynamiques similaires.
Si nous n’y prenons pas garde, sommes-nous alors menacés par un résultat tout aussi effrayant ?
*
« Parce que les nazis ont pu remporter un important succès électoral, des camarades sous-estiment notre lutte contre le social-fascisme, déclarait Ernst Thälmann [président du Parti communiste d’Allemagne (KPD) de 1925 à 1933] en juillet 1931. En cela s’expriment indubitablement des indices d’une déviation de notre ligne politique qui fait un devoir de diriger le coup principal contre le Parti social-démocrate […] Toutes les forces du parti doivent être jetées dans la lutte contre la social-démocratie.»
La déraison l’emporta sur la logique et la passion partisane sur la lucidité. Face à la progression des nazis, les communistes s’obstinèrent dans la stratégie suicidaire « classe contre classe » de l’Internationale, la stratégie ultra-gauchiste et ultra-sectaire dite de la « troisième période », la « troisième période d’erreurs », ironisait Trotsky dans une lettre du 17 septembre 1930 adressée au congrès du KPD. La nouvelle ligne des communistes allemands prenait pour cible les sociaux-démocrates qu’ils désignaient sous les vocables indistincts de « sociaux-fascistes », de « sociaux-traîtres » ou encore de « sociaux-impérialistes ». Les communistes allemands haïssaient les sociaux-démocrates allemands, qui le leur rendaient bien […]. Les communistes partaient du postulat que la social-démocratie avait trahi la cause du prolétariat et de la révolution, qu’elle était au même titre que le fascisme l’un des modes de domination de la bourgeoisie, qu’elle représentait même « l’avant-garde du fascisme » et constituait « une forme particulièrement dangereuse de son développement. Ils réfutaient toute idée d’une quelconque différence de nature entre fascisme et démocratie bourgeoise, entre nazis et sociaux-démocrates, et professaient « qu’un gouvernement social-démocrate de coalition qui aurait en face de lui un prolétariat troublé, dispersé, incapable de lutter, serait un mal mille fois plus grand qu’une dictature fasciste ouverte ayant en face d’elle un prolétariat conscient décidé à la lutte, uni dans sa masse ». La social-démocratie et le fascisme n’étaient pas pour les communistes des ennemis, mais les deux faces d’une même pièce, des complices qui poursuivaient une seule et même stratégie.
« Le fascisme est une organisation de combat de la bourgeoisie qui s’appuie sur le soutien actif de la social-démocratie, écrivait Staline dès 1924. Elle est l’aile modérée du fascisme. Il n’existe aucune raison d’admettre que l’organisation de combat de la bourgeoisie puisse parvenir à des succès décisifs dans les luttes ou dans le gouvernement du pays sans un soutien actif de la social-démocratie […]. Il existe aussi peu de raisons d’admettre que la social-démocratie puisse parvenir à des succès décisifs dans les luttes ou dans le gouvernement du pays sans un soutien actif de l’organisation de combat de la bourgeoisie. Ces deux organisations ne s’excluent pas mutuellement, mais au contraire elles se complètent l’une l’autre. Elles ne sont pas situées aux antipodes, elles sont jumelles. Le fascisme est un bloc informe de ces deux organisations. »
Cette idée funeste de la gémellité de la social-démocratie et du fascisme était devenue l’antienne des communistes. Le premier devoir qu’ils s’assignaient, leur tâche principale, était donc d’affranchir la classe ouvrière de l’influence des sociaux-démocrates. Les communistes voulaient écraser la social-démocratie parce qu’ils étaient persuadés que c’était le seul moyen, le moyen incontournable de vaincre le fascisme. « Les sociaux-fascistes savent que pour nous il n’y a aucune collaboration possible […] déclarait Ernst Thälmann. Aucun communiste ne partage l’illusion que le fascisme puisse être combattu à l’aide du social-fascisme. » Et encore, en décembre 1931 : « En agitant le spectre du fascisme hitlérien, la social-démocratie essaye de détourner les masses d’une action vigoureuse contre la dictature du capital financier […]. Il y a des gens à qui les arbres nationaux-socialistes cachent la forêt social-démocrate. »
Les communistes prônaient la stratégie du « front unique à la base » qui excluait toute alliance, tout rapprochement entre les états-majors. Une fois au pouvoir, une fois leur tâche historique accomplie, ils pensaient que les nazis seraient balayés par la vague révolutionnaire qui déferlerait sur eux. « Quand les nazis seront au pouvoir, déclarait Hermann Remmele à la tribune du Reichstag en octobre 1931, l’unité de front du prolétariat sera réalisée et balaiera tout […J. Nous sommes les vainqueurs du lendemain et la question : « Qui sera écrasé ? » ne se pose plus. Cette question est déjà résolue. Il ne nous reste plus que la question de savoir à quel moment nous écraserons la bourgeoisie […]. Messieurs les fascistes ne nous effraient pas ; ils s’useront beaucoup plus vite que n’importe quel gouvernement. » De là à faire cause commune avec les nazis, il n’y avait qu’un pas qui fut franchi quand les communistes s’associèrent à eux dans un front rouge-brun lors du référendum qui, en septembre 1931, renversa le gouvernement social-démocrate du Land de Prusse. La stratégie des communistes réjouissait les nazis. « Ce qui est plus comique et grotesque que toutes les injures, observait le journal hitlérien Nationalsozialist, est l’hommage tout à fait injustifié fait aux sociaux-démocrates désignés comme fascistes. Présenter la masse petite-bourgeoise de la Ile Internationale, la bande juive, les ennemis mortels du fascisme italien, comme fascistes, il faut pour cela une gymnastique intellectuelle et cérébrale peu ordinaire. Mais, patience ! Communistes et sociaux-démocrates, autrement dit les marxistes de toutes nuances, auront bientôt l’occasion d’apprendre ce que signifie le fascisme. » Quelques mois séparaient simplement cet avertissement ironique de l’échéance finale du 30 janvier 1933 où Hitler devint chancelier. Les communistes ne l’entendirent pas. Ils partageaient avec les nazis la même haine aveugle du système. Pour précipiter sa chute, ils étaient prêts à supporter toutes les contradictions, à participer à toutes les alliances, à accepter tous les compromis, même avec le diable. Ils pensaient qu’ils sortiraient vainqueurs de l’épreuve, la conviction ancrée que l’histoire avait une loi et que cette loi jouait en leur faveur. « Bien entendu l’Allemagne ne sera pas fasciste, proclamait en décembre 1932 la revue Die International. Les victoires des communistes en sont le plus sûr garant. » Les communistes allemands ne comprenaient pas qu’ils étaient embarqués sur le navire qui faisait naufrage, qu’il n’y avait aucun canot de sauvetage et que leur fin était proche. Transformés en « parti de somnambules », comparables à « des danseurs qui ne se seraient pas aperçus que le rideau s’était baissé », ils suivaient, inconscients du péril, la « ligne générale démente » qui les précipitait dans l’abîme et les condamnait à une irrémédiable défaite.
Michel Laval, L’homme sans concessions. Arthur Koestler et son siècle, Calmann-Lévy, Paris 2005, p. 120-122.
Moyennant les quelques transpositions évoquées plus haut, ne sommes-nous pas ici en paysage connu, qui risque de s’exacerber encore dans les mois précédant les futures élections présidentielles ?
C’est aussi ce qu’exprimait il y a quelques années, avant d’autres élections, Jean Birnbaum dans des articles lucides évoquant les mêmes antécédents historiques.
Si Hitler devait l’emporter, affirmait [Trotsky], c’en serait fini de la démocratie ouvrière, de ses syndicats, de ses associations culturelles et sportives… car c’en serait fini de la démocratie tout court. « Identifier la social-démocratie avec le fascisme est tout à fait insensé », écrivait-il en 1932. « Sous cette phraséologie radicale se cache la passivité la plus lâche », accusait-il, résumant ainsi sa position : « Dans la lutte contre le fascisme, nous sommes prêts à passer des accords pratiques avec le diable et avec sa grand-mère. » [à l’opposé de la position intransigeante des communistes du KPD, Trotsky, lucide sur l’avenir, prônait ici une alliance avec les sociaux-démocrates].
Face à la « peste brune », quelles que soient les divergences, l’ensemble des forces de gauche doivent faire front ; faute de quoi, elles connaîtront un « front unique au cimetière », selon l’expression du révolutionnaire argentin Juan Rustico, qui était à Berlin dans ces années-là. Telle est donc la leçon politique qui a été transmise à des générations de militants trotskistes, celle-là même que Jean-Luc Mélenchon et ses amis semblent avoir oublié de léguer à la jeunesse.
(…)
[Certains] ont tout fait pour amalgamer définitivement démocratie et dictature, libéralisme et fascisme. Ce sont les propos d’un Alain Badiou, désignant la « sentimentalité démocratique » et le « capitalo-parlementarisme » comme l’ennemi principal ; ou ceux d’un Emmanuel Todd déclarant « qu’il n’y a pas de hiérarchie dans l’inacceptable entre Le Pen et Macron. Entre la xénophobie et la soumission aux banques ».
Ce qui est en jeu, ici, c’est l’escamotage du XXe siècle.
Or, dans un contexte aussi grave que le nôtre, escamoter avec une insouciance coupable une Histoire pourtant si proche risque d’avoir des conséquences on ne peut plus dramatiques.
Voir aussi, du même Jean Birbaum :
De profundis, concitoyen, avec l’ombre d’un salut des plus crépusculairement démocratique…
[La catastrophe aurait pu être évitée si le Parti communiste allemand, le KPD, qui se considérait seul représentant de la gauche véritable avait accepté de s’unir à des sociaux-démocrates dont il estimait qu’ils faisaient le jeu de la bourgeoisie et trahissaient les idéaux révolutionnaires. ]
On pourrait vous rétorquer que la catastrophe aurait aussi pu être évitée si les sociaux-démocrates d’alors avaient reconnu que le KPD était le vrai, seul, unique, prophylactique et dynamique représentant légitime du « vrai » peuple (voire de la vraie et nouvelle France) et s’étaient rangés avec eux ou plutôt à leur remorque.
Surtout que le KPD disposait d’un puissant allié oriental, à l’idéologie conquérante et au prosélytisme exalté. Dynamisme orienté que certains, frémissant de phobie éhontée, prêtent d’ailleurs de nos jours à LFI.
Et puisque la gauche et tutti quanti qui se veulent écolos, sociaux et démocrates n’arrivent pas à se trouver un candidat tant soit peu présentable ou mobilisateur, ni ne peuvent se résigner à se soumettre aux Insoumis, qu’ils choisissent au moins, pour éviter le pire que serait l’extrême-droite, de se rallier à la droite non extrême. Non ?
[Et dire que nous avons parfois su, naguère, nous enrichir d’échanges dont nous n’aurions pas à avoir honte… Quelle tristesse que l’horreur du 16 octobre 2020 nous ait fait perdre, à nous aussi, un peu la tête…]
Bonjour Claustaire.
Enchanté de vous retrouver sur ce blog.
Je reconnais une fois de plus vos qualités de polémiste que j’ai encore une fois un peu de mal à accepter.
Vous dites :
« On pourrait vous rétorquer que la catastrophe aurait aussi pu être évitée si les sociaux-démocrates d’alors avaient reconnu que le KPD était le vrai, seul, unique, prophylactique et dynamique représentant légitime du « vrai » peuple (voire de la vraie et nouvelle France) et s’étaient rangés avec eux ou plutôt à leur remorque ».
Bien sûr. Certaines tendances « de gauche » pourraient effectivement le rétorquer.
Peut-on cependant reprocher aux sociaux-démocrates allemands l’absence d’une telle « reconnaissance » ?
À commencer par Trotsky qui ne se privait pas de critiquer durement le jusqu’au boutisme funeste du KPD refusant de s’allier à ce qu’ils nommait les « socio-fascistes » pourtant persécutés par Hitler au même titre que les communistes ?
Victor Serge, Panaït Istrati et autres avaient déjà attiré l’attention sur les dérives totalitaires avérées du stalinisme. On ne peut certes pas reprocher à un parti essentiellement humaniste de ne pas s’être mis « à la remorque » d’une telle idéologie « conquérante ».
Pour ce qui est de notre paysage français actuel, la fragmentation des sociaux-démocrates est effectivement catastrophique pour l’avenir, et Trotsky aurait certainement prôné une alliance avec ce qui reste du centre pour éviter le cataclysme prévisible.
« Dans la lutte contre le fascisme, nous sommes prêts à passer des accords pratiques avec le diable et avec sa grand-mère. » disait-il.
Quant à la « phobie éhontée » que déclenche pour certains la référence à LFI, il faut bien avouer que celle-ci fait tout pour la cultiver par une indigne surenchère populiste dans le but de draguer des classes populaires qu’on méprise.
Quand on a des retraites de sénateur, ministre, etc. et l’un des plus gros patrimoines du personnel politique français, de telles sorties relèvent de l’ignoble :
Comme le dit Kamel Daoud, il se peut fort bien que ce soit en outre se tirer une balle dans le pied :
https://www.lepoint.fr/editos-du-point/kamel-daoud-melenchon-a-marseille-polemique-sur-ses-parents-enterres-dans-une-fosse-commune-et-son-3JMOY7CSF5HKTILGZE2CV3HBHI/
On peut aussi réfléchir à des avertissements lucides du type de ceux que propose Laurent Joffrin :
https://librejournal.fr/article/quelques-rappels-sur-le-danger-lfi/
Cordialement – et démocratiquement – à vous en ce jour.
Merci pour cette rapide réponse et accord d’échange.
Merci aussi pour le lien vers l’analyse de Daoud ds Le Point, à laquelle j’ai pu accéder sans y être abonné.
Si je vous ai interpellé, à ma manière polémique, c’est que je suis à ce point désespéré par ce qui (ne) se passe (pas) dans le camp (?), le marais (?), le no candidat’s land de notre social-démocratie qu’il m’arrive d’en venir à l’humour noir le plus sommaire. Et comme je vous lis régulièrement (surtout que vous n’écrivez pas souvent) et que je vous vois, une fois de plus, exprimer des craintes, des admonestations et autres remontrances dont je trouve le plus souvent certaines parfaitement légitimes, je me dis, de profundis, que si les sociaux-démocrates (dont je me sens proche) ne sont toujours pas capables, dans leur diversité, d’avancer pour mobiliser le pays sur un projet et un candidat et se contentaient de crier au loup LFI antisémite ou au RN islamophobe, ils feraient peut-être mieux de se rallier à quelque candidat alternatif (du centre ou de la droite) par défaut qui ne soit ni LFI ni RN.
Pour ma part, (fontaine, fontaine des urnes, ne me fais pas maudire ton offrande), je suis bien décidé à ne jamais voter ni LFI ni RN. C’est d’ailleurs pour éviter ce dilemme qu’à deux reprises j’ai voté Macron dès le premier tour des présidentielles (ce qui nous a valu dix ans d’une présidence dont, pour ma part, je me suis plus souvent désespéré que réjoui).
Lorsqu’on m’explique (je le sais bien !) que LFI et RN sont les deux mamelles ou plutôt outres qui feraient de notre démocratie une dégoûtante voire dangereuse marâtre, je ne trouverais pas illogique de demander pourquoi, afin d’éviter la tragédie annoncée, ce “on” ne pourrait pas au moins, par défaut, se mettre en quête d’une candidature de compromis du même genre que la majorité de compromis qui a permis à notre pays d’avoir un budget et un mode minimal de fonctionnement parlementaire constitutionnel (et même finir par voter une loi de Fin de vie, que nous attendons, je crois, l’un et l’autre, même si celle qui sera votée demain aura complètement écarté la possibilité de directives anticipées).
Bref, ne vaudrait-il pas mieux voir sur quel programme on pourrait (il pourrait se) négocier une candidature PS + Attal, voire Philippe, plutôt que de perdre du temps et de l’énergie à se tâter, en Place publique (sic), entre sociaux-démocrates europhiles, sans être sûr d’ainsi pouvoir éviter l’épouvantable dilemme LFI/RN ?
Diable, me voici donc trotskiste ? Sait-on jamais combien bas la vie peut nous faire tomber…
Bien à vous.
PS sur l’art de ne pas se faire comprendre : quand je parlais de phobie éhontée, je ne pensais pas à celle qu’inspire (de façon fort compréhensible) LFI, mais de certains éhontés procès en ‘phobie’’ raciste que ce mouvement fait à quiconque se permettrait de leur reprocher certaines compromissions avec un prosélytisme religieux ethno-identitaire.
Bonsoir Claustaire.
Vous voyez bien qu’on peut arriver à s’entendre !
Cette fois-ci, je suis d’accord avec vous pour l’essentiel.
Je suis sans doute aussi désespéré que vous, et bien que de tendance social-démocrate (après quelques lointaines aventures de jeunesse dont je suis bien revenu du côté du PC), je ne trouve plus actuellement aucun candidat ni, plus grave, aucun programme (si tant est qu’il en existe…) auxquels je pourrais me fier. Les enjeux sont tellement considérables que personne n’ose les affronter, ni même en parler, de peur de désespérer Billancourt.
On s’installe donc dans le déni.
De la lucidité du côté de quelques « vieux cons » comme Yves Cochet, qui n’est cependant pas dupe de l’absence d’issue politique concevable.
Il faut donc se résoudre à vivre avec le désespoir, tout en faisant comme si…
Et à faire, dire, travailler avec entrain et énergie, puisqu’il paraît que le désespoir en donne !
« Et nous mourrons, vivants quand même ! » chantait Gilles Servat dans mes années de jeunesse.
Sereinement, et même joyeusement.
Allez ! Soyons fous !
Cordialement à vous.